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Message  Davin Didier le Sam 10 Sep - 6:38

Dans la correspondance de Napoléon cette lettre à Fouché du 10 septembre 1804
"Il ne faut cependant vexer aucunement mesdames Lescure (soeur du chef vendéen ) et La Rochejaquelein(veuve de Lescure avait épousé le frère de La Rochejaquelein).Le mari de l' une et le frère de l' autre ont fait la guerre avec un tel talent militaire, qu' ils auront une page dans l' Histoire, et ils conserveront quelque attachement dans ce pays ( la Vendée).Je ne connais pas le caractère de ce La Rochejaquelein, mais l'union de ces deux noms est assez interessante pour chercher à se les attacher"

Davin Didier
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Message  Drouet Cyril le Sam 10 Sep - 8:38

Quelques citations napoléoniennes :

« Charette me laisse l’impression d’un grand caractère, je lui vois faire des choses d’une énergie, d’une audace peu communes ; il laisse percer du génie. »

« Cet épisode marquant de notre Révolution [le conflit vendéen]; lequel, s’il présente de grands malheurs, n’immole pas du moins notre gloire. »

« Je sais que beaucoup de braves ont répandu leur sang généreux et que, de part et d’autre, on s’est battu avec courage. »

« Mes ingénieurs sont des hommes habiles, mais à Saint Florent, les Vendéens furent des sylphes. »

« Un peuple de géants »

« Je serais fier d’être Vendéen »

L'abbé Bernier rapporte :
"Le Premier consul est un homme extraordinaire qui sent parfaitement que tous les sacrifices faits par les Vendéens ne peuvent être condamnés à la stérilité. Quand je lui raconte la piété et les traits de courage dont plus d'une fois j'ai été le témoin, sa figure s'anime, on croirait qu'il est jaloux de ces soldats qu'il n'a pas commandés."

La conversation roula ensuite sur la guerre des royalistes. Il loua le courage, l'énergie du peuple de nos provinces. "Vous avez bien fait de vous défendre contre le gouvernement oppresseur..."
(D'Andigné, Mémoires)

« Lorsque [la pacification] de la Vendée eut lieu, les chefs qui vinrent à la Malmaison furent bien accueillis du Consul ; il semblait faire d'eux un cas particulier. Souvent je l'entendis louer ceux qui avaient soutenu leur cause avec tant de persévérance, et blâmer les Bourbons de n'être pas venus se réunir à tant d’efforts honorables. Sous l’Empire, il dit une fois devant moi : « je ne serais pas où je suis si les Bourbons s'étaient mis à la tête des Vendéens. »
(Hortense, Mémoires)

"Il parlait avec admiration des premiers temps de la guerre de Vendée ;
"Alors, disait-il, les paysans étaient des soldats qui n'écoutaient que leur courage et leur fanatisme ; ils étonnaient et déconcertaient la troupe de ligne ; il n'y avait plus de tactique pour elle ; les paysans, armés de bâtons, s'emparaient de l'artillerie ; mais lorsque ces paysans ont commencé à se battre en ligne, alors ils ont eu de l'infériorité sur les troupes réglées, parce que, dès ce moment, la supériorité de la tactique a décidé de la victoire."
(Chaptal, Mes souvenirs sur Napoléon)

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Message  Drouet Cyril le Sam 10 Sep - 14:50

Il ne faut cependant vexer aucunement mesdames Lescure (soeur du chef vendéen ) et La Rochejaquelein(veuve de Lescure avait épousé le frère de La Rochejaquelein).

Il s’agit de Louis, futur général en chef de la quatrième guerre, frère d’Henri, célèbre généralissime de 93.
Son épouse (veuve de Lescure blessé mortellement à la bataille de la Tremblaye, elle avait épousé Louis en 1802) conte dans ses Mémoires les démarches visant à le lier à l’Empire :

« On voulait, soit par promesses, soit par menaces, attacher par quelque emploi notre famille au gouvernement. En 1805, on vint offrir à M. de la Rochejaquelein une place à la Cour, en lui disant de se mettre à prix ; on alla jusqu'à lui promettre qu'il n'en exercerait pas les fonctions. On finit par employer, mais inutilement, les menaces. La considération attachée à des opinions fidèles et pures, et à une position indépendant , fatiguait le gouvernement : aussi notre existence était sans cesse troublée.
[…]
En 1809, la persécution devint plus avouée et plus directe ; on voulut forcer M. de la Rochejaquelein à entrer dans l'armée comme adjudant-commandant, avec le grade de colonel. On savait qu'il avait fait, comme capitaine des grenadiers, cinq campagnes contre les nègres de Saint-Domingue. La lettre du ministre était aussi pressante que polie ; il disait à M. de la Rochejaquelein que son frère s'étant illustré dans les armes, il devait désirer de suivre la même carrière. Il refusa : sa santé, cinq enfants que nous avions déjà, étaient des motifs à alléguer, mais que l'on n'eût peut-être pas admis sans le zèle et les bons offices de M. de Monbadon , notre parent. »

Ce qui ne réussit pas avec Louis fut, non sans mal, couronné de succès avec Auguste. Il entra chez les carabiniers et acquit à la Moskowa le sobriquet de « balafré ». Prisonnier des Russes, on allait le retrouver en 1815 à la tête du corps d’armée royal du Haut-Poitou.

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Message  Drouet Cyril le Dim 11 Sep - 16:58

Davin Didier a écrit:Dans la correspondance de Napoléon cette lettre à Fouché du 10 septembre 1804
"Il ne faut cependant vexer aucunement mesdames Lescure (soeur du chef vendéen ) et La Rochejaquelein(veuve de Lescure avait épousé le frère de La Rochejaquelein).



On retrouve aussi ces précisions dans la nouvelle édition de la [i]Correspondance générale
, mais je pense Didier qu'il y a sans doute ici erreur.
Lescure était fils unique, je pense donc que "Mme Lescure" est sa veuve (depuis deux ans Mme de La Rochejaquelein suite à son union avec Louis) ; et que "Mme de La Rochejaquelein" doit être l'une des soeurs d'Henri, à savoir : Constance, Anne, Louise ou bien Lucie.
Ce qui irait d'ailleurs de paire avec la suite de la lettre, où Napoléon semble suivre l'ordre de la première phrase : "Le mari de l'une et le frère de l'autre".

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Message  Davin Didier le Dim 11 Sep - 17:29

Merci,
je ne connaissais pas la famille des chefs vendéens..et le rédacteur de la note à priori non plus Wink

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Message  Drouet Cyril le Mer 14 Sep - 10:01

Dans le même esprit : la réception de Mme de Bonchamps et de sa fille à Fontainebleau.
Témoignage de Louis-François Joseph de Bausset (Mémoires anecdotiques sur l'intérieur du palais) :

« [l'Empereur] avait reconnu tant de noblesse, de talent, de magnanimité dans la conduite et dans le caractère du comte de Bonchamps, que jamais il n’en parlait qu’avec les plus honorables expressions. »

Mots élogieux qui se convertirent en actes à l'automne 1807 :

« Napoléon, sur ma demande, accorda une audience particulière à Madame de Bonchamps, veuve du célèbre général en chef de la première armée royale dans la Vendée.[…] Madame de Bonchamps avait d’ailleurs des droits auprès de tout ce qui porte un cœur français.
Napoléon parla avec beaucoup d’intérêt à Madame de Bonchamps, et lui fit toutes sortes de questions sur la guerre de la Vendée : il se fit raconter par elle les dangers qu’elle avait courus en accompagnant son mari sur-le-champ de bataille, portant son enfant dans un panier placé sur le cheval qu’elle montait, et supportant avec courage et dignité toutes le fatigues et toutes les chances d’une situation aussi extraordinaire. Madame de Bonchamps est petite et délicate, mais elle a le cœur le plus noble et les sentiments les plus élevés. Napoléon ne se borna point à des paroles affectueuses ; il insista pour connaître sa fortune et les moyens que les malheurs du temps avaient pu lui laisser ; et quand il apprit qu’il ne lui restait plus rien, il lui assigna sur-le-champ une pension de six mille francs, lui en fit payer les arrérages de deux années, et lui promit de doter sa fille lorsqu’elle serait en âge d’être mariée. »


Autre mémorialiste : Méneval (Mémoires pour servir à l'histoire de Napoléon 1er depuis 1802 jusqu'à 1815).

« Pendant son séjour à Fontainebleau, l'Empereur reçut en audience Mme de Bonchamps, veuve du général vendéen de ce nom qui, entraîné par le sentiment d'honneur dans la guerre insurrectionnelle, disait qu'il ne prétendait pas à la gloire humaine parce que les guerres civiles n'en donnent point. Sa conduite généreuse lui valut l'estime de tous les partis; sa voix mourante a sauvé six mille patriotes dont les Vendéens demandaient la mort à grands cris. Napoléon voulant honorer la mémoire de cet honorable guerrier, accueillit avec égard sa veuve, qui lui présenta sa fille, enfant de 12 à 13 ans, que Napoléon promit de doter. Il eut un assez long entretien avec Mme de Bonchamps et apprit avec intérêt qu'elle avait été sauvée elle même d'une condamnation à mort par un conventionnel (Lofficial)... Napoléon ne se borna pas à des marques stériles d'intérêt vis à vis de Mme de Bonchamps et lui accorda une pension de 6000 francs."


La rencontre fut immortalisée par l'œuvre de Frédéric Legrip L'Empereur Napoléon 1er donne audience à la comtesse (sic) de Bonchamps, présentée au Salon de 1863.




On y voit Napoléon, au côté de Joséphine et d’Hortense, remettant à Madame de Bonchamps la dite pension. Au côté de la marquise se tient sa fille Charlotte-Agathe-Zoé (âgée au moment des faits de 18 ans).
Zoé (1789-1877) croquée par David d'Angers en 1825 :




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Message  Drouet Cyril le Sam 17 Sep - 5:19

On peut citer deux autres Bonchamps sous l'Empire :

Marie-Joseph de Bonchamps (1782-1806). Il était le frère de Louis-Charles Artus de Bonchamps, père du célèbre général vendéen. Administrateur départemental sous la Révolution, il émigra finalement et ne revint en France qu'en 1797. Rallié à Bonaparte, il devint conseiller général et maire de Saint-Laurent-des-Mortiers en 1802. Il reçut la Légion en 1805. A sa mort, il laissait une fille et un fils.

Ce dernier, Louis-Florent de Bonchamps, était né le 22 juillet 1782. Il succéda à feu son père à la mairie de Saint-Laurent-des-Mortiers en 1806. Neuf ans plus tard, il combattait sous la bannière du Roi lors du retour de l'Aigle. Il servit dans la région de Château-Gontier comme capitaine au 1er bataillon de la division Gaullier dans le 5e corps royal dirigé par d'Andigné.
Chevalier de Légion d'honneur, il devint après les Cent-Jours conseiller général de la Mayenne, avant d'entrer à la sous-préfeture de Château-Gontier en 1824.
La folle équipée de la duchesse de Berry de 1832 le vit de nouveau sous les armes. Il mourrut le 26 février 1853.

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