SEHRI : de 1789 à 1815 - association loi 1901
Bonjour
N'oubliez pas de vous inscrire et de vous présenter pour profiter pleinement du forum.
cordialement

l' Armée de la République vénitienne en 1797

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

l' Armée de la République vénitienne en 1797

Message  Davin Didier le Ven 30 Déc - 16:53

Un petit extrait du Bivouac 2007


Lorsque Bonaparte pénètre en Italie du Nord avec son armée de loqueteux , celle de la Sérénissime République de Venise tente depuis quelques temps de se moderniser. Elle n' a guère combattu depuis fort longtemps .Le grand Etat-Major et beaucoup d' officiers supérieurs vénitiens sont d' ailleurs d' un age respectable:ce qui ne prédispose pas aux audaces stratégiques et tactiques.

A L' INFANTERIE DE VENISE

A l' époque qui nous occupe, l' infanterie de Venise peut être divisée en deux grands contingents : les régiments à recrutement italien càd essentiellement venant de la Terre Ferme et les régiments d' Outre Mer
( Ultra Marina) recrutés dans les Balkans vénitiens ( Istrie et Dalmatie), que nous autres français désignons alors sous le terme générique de Slavons ou d' Esclavons, car levés en Slavonie.

La différence est aussi bien uniformologique que linguistique et sociologique puisque les régiments UltraMarini ne prennent leurs ordres qu' en serbo-croate ou dalmate, leur recrutement est de type" clanique" et si ils sont très capables au combat, ne sont pas les derniers au pillage et diverses exactions !

LES REGIMENTS ITALIENS

Ces régiments ont été renumérotés dans les années 1790 par ordre d' ancienneté , beaucoup portent encore le nom de leur colonel.
Il y en a 18: le 1er étant le régiment Veneto Real, le 15e: celui de Rovigo, le 16e: celui de Trévise, le 17e: celui de Padoue, le 18e celui de Vérone , le 9e :celui du colonel Marin Conti, le 14e: celui du colonel Francesco Galli etc......

Ils n' ont pas la force des demi-brigades françaises: leur maximum d' effectif tournant autour de 450 soldats répartis en 9 compagnies (dont une de grenadiers) !

Ce sont des soldats "de métier". Tous les ans, de Novembre à Janvier, des officiers recruteurs sillonnent le territoire pour embaucher des volontaires sans infirmités entre 16 et 40 ans et mesurant au minimum 1, 62 m.

Les nouvelles recrues s' engagent pour 6 ans et sont dirigées pour suivre une école du soldat de 5 mois sur le Lido, où sont regroupés toutes les nouvelles troupes avant d' être réparties dans leurs régiments.
Le service se fera à terre mais aussi sur les vaisseaux de la République.

Les officiers sont tous formés dans deux bonnes écoles militaires: à Vérone et Zara.
L' avancement se fait au mérite mais, faute d' opérations militaires, le plus souvent à l' ancienneté et comme les officiers supérieurs restent au service jusqu' à un age très avancé, les promotions deviennent rares !

L' uniforme

Est changé depuis 1790 mais reste très inspiré par l' Autriche.
Le fond blanc "à l' Autrichienne" de l' habit est remplacé par un fond bleu foncé
( mais il s' agit en fait d' un bleu céleste foncé)

La coiffure est une casquette de cuir noir , ornée sur le devant d' un fronton avec plaque de laiton portant le lion ailé de St Marc, cocarde blanche et bleue céleste foncé maintenue par un petit pompon blanc au centre, petit plumet noir.
Les cheveux sont portés en rouleau sur les oreilles et liés en queue ( assez longue dans un ruban noir) sur la nuque ( poudrés en grande tenue).

Habit de fond bleu fermée sur le devant par 9 boutons laiton avec le numéro du régiment en chiffre romain. Collet rabattu, parements, une seule patte d' épaule à gauche et retroussis blancs.
Les retroussis sont agrafés par deux petits coeurs en laiton.
Cravate noire, gilet blanc( 9 boutons laiton).
Culotte bleue entrant dans des guêtres noires.
Buffleterie blanche, giberne noire ornée du Lion de St Marc de face coiffé du bonnet du Doge ( cfr Dessin)
La baionette dans son fourreau noir à dard de cuivre est suspendue sur la hanche gauche accrochée à un ceinturon de cuir blanchi, boucle ronde de laiton.
Le fusil est du modèle Tartagna ( copié sur les fusils prussiens) à garniture fer.
En Hiver, les hommes sont dotés d' un manteau bleu à capuche.

Les sergents et les officiers portent le chapeau noir semblable au Bicorne français qui remplace le Tricorne
Les sergents portent un sabre briquet semblable au modèle français en plus de la tenue du soldat.

Les officiers portent bien sur un habit dans un tissu de meilleure qualité et des basques plus longues que la troupe. La cravate noire se trouve agrémentée par un jabot bouffant blanc. Ils portent des gants de peau ou blancs.

Les marques de grade ne sont pas des épaulettes comme en France mais le port de bottes noires, d' une canne de commandement , d' une épée suspendue à un ceinturon blanc à plaque dorée, et de différences au chapeau.
Les boutons des parements des officiers sont disposés non pas à l' ouverture mais horizontalement.

Les porte -enseignes ( alfieri), lieutenants et capitaines-lieutenants: ont une cocarde bleu et or au chapeau avec une ganse et un boutons noir. Floches dans les cornes du chapeau bleu et or . Leur canne de commandement à un pommeau ivoire

Les capitaines: ont cocarde bleu et or superposées au chapeau avec une ganse et un boutons or. Floches dans les cornes du chapeau bleu et or . Leur canne de commandement à un pommeau doré lisse.

Les sergent- Majors, lieutenant -colonels et colonels: ont une cocarde de fil d' or au chapeau avec une ganse et un boutons or. Floches en or dans les cornes du chapeau .Leur canne de commandement à un pommeau doré ouvragé. Un galon doré borde le gilet , légèrement différent selon le grade .

Les cordons des cannes de commandement et les dragonnes des épées sont aussi plus ou moins ouvragées selon le grade.

Les tambours portent globalement le même habit que la troupe. Ils se distinguent par un galon doré ( ou jaune?) au collet et parements ainsi que par le port de "nids d' hirondelles" blancs galonnés de doré ( ou jaune?) sur les épaules et de chevrons dorés
( ou jaunes ? )sur les bras.
Buffleterie blanche ( collier porte caisse et petit cuissard) . Les tambours ont un sabre briquet comme les sergents.

Les caisses sont ornées de l' insigne régimentaire que l' on retrouve sur les drapeaux de chaque régiment. Les régiments ont deux drapeaux : un de fond blanc ( drapeau colonel) et un en 4 quartiers avec pour les deux l' insigne régimentaire. .

LES REGIMENTS D' OUTRE MER

Ils sont au nombre de 11 répartis chacun en 9 compagnies.
A la veille de l' intervention française 24 compagnies sont stationnées sur la Terre Ferme et d' autres viendront les renforcer.( voir 2 eme partie de l' article)

LA CAVALERIE

C' est devenu dans l' armée vénitienne une arme " exotique"
Elle sert essentiellement à garder les frontières, escorter les convois, et fait le service des courriers et des estafettes.
Les compagnies sont fragmentées entre différentes garnisons.

Le recrutement se fait par l' intermédiaire d' une sorte de "service militaire obligatoire: chaque "province" devant fournir son contingent;
Il n' y a que 4 régiments: deux levés sur la Terre Ferme : un régiment de cuirassiers à 6 compagnies (colonel Santonini), et un régiment de dragons à 8 compagnies
( colonel Soffietti) tandis qu' en Dalmatie sont levés deux régiments de cavalerie croate ( colonels Avesani et Emmo)........

LA MILICE

Au coté de l' armée régulière, il existe un système de milice paysanne ( Cernide), en terre Ferme et en Istrie enrôlant tous les hommes de18 à 40 ans, sur la base de 14 circonscriptions provinciales, qui doivent d' ailleurs s' entraîner régulièrement.
Un groupe de 80 officiers "fixes" est chargé d' encadrer le système.
Des miliciens participeront aux Paques Véronaises.

LES DRAPEAUX

Drapeau régimentaire en quatre quartiers ( rappelons qu' il y a aussi un drapeau colonel de fond entièrement blanc avec l' insigne du régiment) en usage dans l' armée de Venise au moment de la Révolution.
La couleur des quartiers varie selon le régiment. L' insigne régimentaire est placé au centre du drapeau ou dans le quartier supérieur à la hampe

L'insigne régimentaire comporte toujours un lion ailé et auréolé ( le lion de St Marc).
Celui ci varie dans sa position, mais en général "passante" ( corps de profil et tête de face). Il brandit soit une épée , soit une croix et peut tenir sous sa patte un blason.
Le lion repose à la fois sur ses pattes arrières sur un socle bleu ciel, et sur un amoncellement de rochers verts à ses pattes avant: symbolisant que Venise règne à la fois sur les eaux et sur les terres.Les dimensions du drapeau sont d' environ 2 m de coté monté sur une hampe en bois naturel surmonté d' un pique avec cordon et glands aux couleurs régimentaires..


LA GARDE CIVIQUE DE VENISE ET LES CORPS AUXILIAIRES 1797

Alors que les troupes françaises pénètrent dans la ville de Venise, l' Armée de la République vénitienne, est en voie de dissolution, soit prisonnière de guerre sur la Terre Ferme, soit à la merci des Autrichiens en Dalmatie.

Les villes qui se sont révoltées en mars 1797, avec accord des Français, contre la tutelle de Venise: Bergame, Créma, Brescia ont pu organiser leurs propres forces armées supplétives de l' armée de Bonaparte :Légion bresciane avec 3 bataillons d' infanterie et des hussards, un bataillon de 800 hommes pour Bergame, 3 compagnies d' infanterie et une compagnie de Hussards pour Crema.

Cependant l' ordre doit régner dans ce qui reste de la provisoire république fantôche.
Aussi la Municipalité de Venise décide de former une Garde Civique
( Guardia Nazionale)
Le peu d' empressement pour s' engager dans cette troupe d' opérette que l' on a pu équiper en récupérant et vendant des boucles de soulier en argent ! , fait que les effectifs en resteront confidentiels.
D 'ailleurs Bonaparte n' est pas très chaud pour les armer, comme il écrit dans sa correspondance avec le général Belliard , le 2 septembre 1797: " il faut qu' il n' y ait d' armée qu' une centaine d' hommes ( de la Garde Nationale) pour les postes de la ville et le bataillon dont j' ai ordonné l' organisation."

Ce bataillon fait partie d' une autre idée de Bonaparte .
C ' est que paradoxalement après avoir fait désarmé l' armée vénitienne, il manque cruellement d' effectifs.
Il a pris l' habitude depuis le début de cette campagne de lever des corps italiens pour tenir les régions "libérées" des Autrichiens ou du Pape, et renforcer ses propres troupes
Il fait donc organiser dans chaque grande ville de la Vénétie à l' est de l' Adige des bataillons d' infanterie" italienne" de 500 hommes encadrés par des officiers français. Ce qui lui permettra aussi de contrôler les populations.
On en organise ainsi à Padoue, Vicence, Verone, Trévise et donc 2 à Venise même.

Il écrit à Berthier le23 Juillet 1797 " ils seront habillés en vert, pantalon et veste seulement, collet et parements blancs. Les officiers auront des épaulettes argent"

Puis, il a idée de former aussi des compagnies de hussards alors qu' il lêve dans le même temps les Hussards de la réquisition en Cisalpine.
Le 25 septembre, il demande au général Dugua de lui présenter un modèle d' uniforme pour les compagnies de hussards que chaque département vénitien doit fournir.
Les bataillons seront regroupés en demi brigades 3 par 3.

Lorsque le Traité de Campo Formio sera officialisé ces demi brigades et unités de cavalerie passeront dans l' Armée de la République Cisalpine( y compris celles venant des territoires désormais autrichiens ! ) .
...

allezsehri


Davin Didier
inceptio

Messages : 1812
Date d'inscription : 08/12/2010
Age : 58
Localisation : Marseille

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum