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le 152e de ligne

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le 152e de ligne

Message  Jérôme C. le Mar 13 Mar - 20:34

de la part de Alain Klein, sur l'espace de présentation, l'historique du 152e de ligne, régiment méconnu de la fin de l'Empire

Le 152e régiment d’infanterie de ligne.

Le Service Historique de la Défense, section Terre, ne dispose d’aucun historique pour cette unité sous l’Empire. Le dossier 4M101 ne contient que ceux des 151e, 153e, 154e, 155e et 156e régiments d’infanterie de ligne. Je vais essayer de retracer l’historique de ce régiment en m’appuyant sur les registres de matricules, le contrôle des officiers et certains états de situation de la Grande Armée archivés à Vincennes.

Historique :

Avant d’engager le conflit avec la Russie, Napoléon crée par Sénatus Consulte du 13 mars 1812, les cohortes de la garde nationale. Il organise 88 cohortes réparties par départements dont l’uniforme est identique à celui de l’infanterie.

Après le désastre de la campagne de Russie, Napoléon décide par Sénatus Consulte du 11 janvier 1813, que les 88 cohortes du premier ban qu’il avait créé l’année précédente, cessent de faire partie de la garde nationale. Elles entrent dans la composition des 22 nouveaux régiments de ligne portant les numéros 135 à 156 inclus. Des estafettes apportent l’ordre d’organiser ces régiments en dirigeant les militaires des cohortes en direction de l’Elbe.

Le 152e de ligne est organisé avec la fusion de la 18e cohorte du Bas-Rhin, 19e cohorte du Haut-Rhin, 53e et 54e cohortes du Pas de Calais. Ces bataillons fournissent :

18e cohorte du Bas-Rhin 320 hommes
19e cohorte du Haut-Rhin 270 hommes
53e cohorte du Pas de Calais 175 hommes
54e cohorte du Pas de Calais 251 hommes.

Par décret impérial du 16 janvier 1813, le colonel Pierre RAYNAUD est nommé à la tête de cette formation. Il participe avec des éléments du 152e à la répression du mouvement insurrectionnel des populations allemandes de la région de Hambourg en février et mars de la même année. Cette révolte est soutenue militairement par les troupes anglaises.

La situation du Corps d’Observation de l’Elbe sous le commandement du général LAURISTON (SHD-T 2c704) du 20 février 1813, nous informe que le 152e fait partie de la 16e division d’infanterie commandée par le général de division MAISON. Son cantonnement est à Magdebourg et sa composition la suivante :

1er bataillon Joseph BARTHOLET 19 officiers 744 hommes dont 26 à l’hôpital
2e bataillon Jean Baptiste ROYER de FONTENAY 21 officiers 776 hommes dont 37 à l’hôpital
3e bataillon Louis Pierre Nicolas MEUNIER 19 officiers 707 hommes dont 70 à l’hôpital
4e bataillon Jacques René Laurent ARDOUIN 18 officiers 753 hommes dont 73 à l’hôpital

Ce qui donne un effectif à cette époque de 77 officiers et 2980 hommes de troupe. Le 1er mars suivant, une autre situation (SHD-T 2c705) nous renseigne que les 1er, 2e et 4e bataillons se trouvent toujours à Magdebourg et que le 3e sous les ordres du chef de bataillon MEUNIER tient garnison à Hambourg.

A partir du mois d’avril, le régiment se sépare, le 1er bataillon reste affecter dans la 32e division militaire dont le siège est Hambourg. Cette division militaire comprend les départements des Bouches-de-l’Elbe, des Bouches-de-la-Weser et de l’Ems-Supérieur. La troupe se compose alors de 20 officiers et de 730 hommes dont 68 sont détachés et 84 à l’hôpital. Les 2e et 3e bataillons sont mis sous les ordres du général VANDAMME est en marche pour rejoindre la Grande Armée. Ils se composent de :

2e bataillon Jean Baptiste ROYER de FONTENAY 20 officiers 806 hommes dont 68 détachés et 90 à l’hôpital
3e bataillon Louis Pierre Nicolas MEUNIER 21 officiers 715 hommes dont 53 détachés et 127 à l’hôpital

Le 4e bataillon sous les ordres du chef de bataillon ARDOUIN est affecté à la division commandée par le général MORAND. Le 27 mars ce bataillon culbute l’ennemi au combat de Bremerlehe et le sergent GOTIE enlève un drapeau à l’ennemi. Le commandant PATIS, le capitaine DESROCHES et le sergent GOTIE sont cités avec éloges par le général CARRA-SAINT-CYR. Il participe le 2 avril à la bataille de Lunebourg près d’Hanovre contre les forces russo-prusses aux ordres de Dörnberg. A la mort du général MORAND, le bataillon se retire dans et la ville et capitule. (SHD-T 2C706) Il y a 200 français et 700 saxons fait prisonniers.

Le 22 avril, une partie du régiment participe au combat d’Ottersbourg contre l’avant-garde russe sous les ordres de von Benkendorf. Le 27 du même mois, le régiment reçoit les ordres de s’emparer dans les meilleurs délais de la place forte d’Harbourg située dans les faubourgs d’Hambourg. Dans l’ouvrage retraçant l’historique des régiments, l’auteur écrit : « le sous-lieutenant ROUZET, traverse le fossé de la ville, suivi des sergents BOULET et DUMOUSTIER et du caporal SOYEZ. Ces quatre braves détachent le pont-levis sur lequel s’élance une compagnie de voltigeurs ». Cette action d’éclat se passe sous un feu particulièrement violent de l’ennemi. Ce brillant fait d’armes donne au maréchal DAVOUT un avantage certain pour s’emparer quelques jours plus tard d’Hambourg. Cette bataille est inscrite au drapeau du régiment.

Pendant la campagne d’Allemagne, il fait partie du Ve corps d’armée sous le commandant du général de division LAURISTON et de la 16e division sous les ordres du général MAISON. Les 153e et 154e régiments d’infanterie de ligne composent avec le 152e cette division. Le colonel envoie le 13 août, huit hommes en garnison à Torgau. Du 19 au 21 du même mois, le régiment combat à Loewenberg. Le 26 août suivant, il est à la bataille de Katzbach. Le 13 septembre, il participe à l’affaire de Bischofswerda où le prince MADELOFF attaque un transport de munitions sous escorte et fait sauter près de 200 chariots. Le 29 septembre, on incorpore 399 soldats du 128e régiment d’infanterie de ligne pour combler les pertes subies.

Du 16 au 19 octobre 1813, l’unité engage trois de ces bataillons à la bataille des Nations (Leipzig). Le 22 du même mois, on intègre au régiment, 313 réfractaires venant probablement du dépôt des réfractaires de Strasbourg, pour palier au manque d’hommes. Le 21 décembre, deux compagnies du 5e bataillon en garnison à Strasbourg, quitte cette ville pour rejoindre Cologne où elles arrivent le 7 janvier 1814.

Dans la situation du 1er janvier de la même année (SHD-T 2c711) le régiment dépend toujours du Ve corps d’armée sous les ordres du comte SEBASTIANI et fait partie de la 10e division d’infanterie dont le commandant est le général de division ALBERT et constitue la 2e brigade, dirigée par le général de brigade BEAUVAIS. Il est à Cologne et son effectif est :

1e bataillon Jean Baptiste CHOULEUR 19 officiers 308 hommes dont 22 à la chambre et 164 à l’hôpital
2e bataillon Jacques LÉPINE 9 officiers 313 hommes dont 184 à l’hôpital

Entre décembre 1813 et janvier 1814, par ordre supérieur, 614 hommes passent au 66e régiment d’infanterie de ligne et 161 au 26e régiment d’infanterie de ligne. La situation du 15 janvier 1814 (SHD-T 2c712) du Ve corps d’armée donne le régiment à Juliers, il est à la 1ère brigade de la 2e division d’infanterie sous les ordres du général AMEY. Sa composition est la suivante :

1e bataillon Jean Baptiste CHOULEUR 15 officiers 310 hommes dont 11 à la chambre et 197 à l’hôpital ; 46 hommes reste en garnison.
2e bataillon Jacques LÉPINE 6 officiers 299 hommes dont 209 à l’hôpital ; 40 reste en garnison.

Le 19 du même mois une autre situation (SHD-T 2c713) le donne à Liège aux ordres du général ALBERT commandant la 1ère division du Ve corps d’armée. Le 29, il se trouve à Mézières, sur les 1er et 2e bataillons, il ne reste en tout que 279 hommes.

Au 1er mars de la même année, les deux bataillons se trouvent à Troyes, puis le 15 du même mois dans l’Oise (SHD-T 2c715). Les restes du régiment participent le 30 mars à la bataille de Paris.

Le 5e bataillon qui est le bataillon de dépôt, est en garnison à Strasbourg. Il s’illustre lors du siège de Strasbourg. Il réussit plusieurs sorties et défend avec vigueur le fort de Kehl. Dans le journal du siège de Strasbourg (SHD-T 2c430), la situation du bataillon au 5 janvier 1814 est la suivante :

Présents sous les armes Aux hôpitaux du lieu Effectifs
Pouvant servir Hors d’état de servir et susceptibles de réforme
Officiers Troupes Officiers Troupes Officiers Troupes Officiers Troupes
12 204 3 209 - 210 15 612


A la Première Restauration, le régiment est dissous. Le 15 juillet 1814, 15 hommes intègrent le 79e régiment d’infanterie de ligne et le lendemain, 805 hommes incorporent le 18e régiment d’infanterie de ligne. Dans plusieurs ouvrages, on peut lire que lors de sa dissolution, le 152e régiment d’infanterie de ligne a versé une partie de ses hommes dans le 85e régiment d’infanterie de ligne, aucune mention n’en est faite dans les registres de matricules.

Récapitulatif des pertes en hommes de troupes du 152e régiment de ligne.

Durant tous ses combats, le régiment a perdu 557 hommes. Dans ce nombre ne sont pas compris ce qui ont capitulé à Lünebourg. Les pertes de cette affaire ne figurent pas sur les contrôles de troupes. Les chiffres ci-dessous sont tirés des deux registres de matricule :

Date Évènement Pertes (morts, blessés, prisonniers)
19 au 21 août 1813 Bataille de Loewenberg 33 hommes
26 et 27 août Golberg et Katzbach 184 hommes
13 septembre 1813 Bischofswerda 21 hommes
18 et 18 octobre 1813 Bataille des Nations (Leipzig) 141 hommes
Décembre 1813 Cologne 10 hommes
Février 1814 Mayence 19 hommes
Printemps 1814 Siège de Strasbourg 249 hommes


coulonoh

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