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Message  Jérôme C. le Lun 4 Juin - 7:49

voici la biographie d'un officier de ce régiment, qui a reçu un sabre d'honneur, en vente aux enchères actuellement entre 50 et 70 000 euros

Pierre Jean-François Vrigny (Sées 26.05.1770 – 05.01.1813 Elbing) s’engagea dans les Volontaires nationaux, le 15 septembre 1792, et y fut élu capitaine pour son ascendant moral et sa prestance physique. Il rejoignit l’Armée du Nord et participa, de 1792 à 1796, à toutes les campagnes : Valmy, Jemmapes, Wattignies, Geisberg, Fleurus, Hondschoote et aux rives du Helder. Il passa à la 36e demi-brigade d’infanterie de ligne, le 22 septembre 1796, et rejoignit l’Armée de Sambre et Meuse de 1797 à 1798. Il participa à la conquête de l’Helvétie où sa division prit Berne, le 6 mars 1798, et il fut blessé aux combats de Bergen puis de Glaris, en 1799. Puis il partit pour l’Armée d’Italie et combattit à Marengo, le 14 juin 1800. Il rejoignit le 36e régiment d’infanterie de ligne à l’Armée des Cotes de l’Océan, cantonné à Boulogne, de 1803 à 1805. Il fut admis capitaine aux grenadiers à pied de la Garde impériale, le 30 mai 1805, et combattit à Austerlitz, le 2 décembre 1805. Il fut nommé chef de bataillon, le 1er mai 1806. Dès la formation du régiment de fusiliers attaché aux chasseurs à pied de la Garde impériale, il y fut chef de bataillon, le 19 septembre 1806. Il participa brillamment aux campagnes de 1806-1807 : Iéna, Friedland et Tilsitt. Le 5 avril 1809, il fut promu major au 2e régiment de conscrits-chasseurs de la Garde impériale. Au début de 1810, il commanda le 1er régiment de conscrits-chasseurs de la Garde impériale qui devint le 3e régiment de voltigeurs
de la Jeune Garde impériale, le 30 décembre 1810. Il combattit à Eckmühl, Essling et Wagram. Il servit en Espagne en 1810 et 1811. Rentré en France, il fut nommé, le 7 septembre 1811, colonel-major du régiment de fusiliers-chasseurs de la Garde impériale qui faisait partie de la Maison militaire de l’Empereur. Il prit part à la campagne de Russie en 1812 : Mojaïsk, Valoutina, Moskowa et Moscou. Puis ce fut l’épuisante retraite, le passage de la Bérézina, la traversée de la Pologne, la marche en Prusse-Orientale où il fut fait prisonnier et hospitalisé. Totalement exténué, il décéda à Elbing, le 5 janvier 1813, où il fut enterré anonymement dans une fosse commune. Jamais Il se s’était séparé de son sabre.
« Le 15 avril 1920, le colonel Rudolf Von Gwinner, officier breveté de l'ancienne Armée impériale allemande, se présentait à l'Ambassade de France à Berlin, et demandait à être reçu par un fonctionnaire responsable, disait-il. Introduit devant un attaché d'Ambassade, il s'exprima en ces termes : "Monsieur l'Attaché d'Ambassade, je viens remplir aujourd'hui un pieux devoir de reconnaissance. Officier allemand, j'ai participé à toutes les batailles de la Guerre dont nous sortons et j'ai essayé de remplir mes devoirs de soldat avec humanité. J'ai défendu ma patrie, sans haine pour un adversaire brave. J'étais à Verdun où j'ai été fait prisonnier. Amené dans un camp d'officiers en France, je n'ai eu qu'à me louer du traitement qui m'a été réservé et je pense sincèrement que le moment est venu de mettre un terme aux luttes qui meurtrissent nos deux pays et de conclure une véritable alliance pacifique franco-allemande. Je viens apporter ma pierre à cette alliance.
En 1813, mon arrière grand-père, qui habitait Berlin, vit défiler devant sa porte un régiment de Cosaques russes qui allait envahir votre pays, à la suite de l'Empereur de Russie. Il remarqua que l'un d'entre eux portait un sabre de valeur, ficelé en travers de son sac, sabre qui paraissait être un sabre français. Comme mon aïeul aimait les belles armes, il appela le cosaque et lui acheta ce sabre qui, paraît-il, avait été pris sur un officier français blessé. J'ai toujours vu cette relique chez nous dans notre maison, il en a fait l'ornement et c'est peut-être, le voyant sans cesse que, tout jeune, j'ai voulu être soldat de métier.
Aujourd'hui, j'offre ce sabre à la réconciliation franco –Allemande - il appartient à la France et à votre gloire, et, si vous n'y voyez pas d'inconvénient, je le ferai remettre demain à l'Ambassade. Vous direz à la famille Vrigny, si elle existe encore, que le colonel Von Gwinner est heureux de faire ce geste de paix."
Le nécessaire fut fait par l'état Français et c'est ainsi que le Sabre d'honneur de Pierre Jean François Vrigny, ce sabre qui vit toute l'épopée de l'Empire, qui ne versa jamais qu'un sang ennemi, qui flamboya sous le soleil d'Espagne et se ternit dans les neiges de Russie, ce sabre qui avait été touché par l'Empereur fit enfin retour à la France et à sa Gloire et remis à ses héritiers qui s’en séparèrent plus tard. »

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Par définition un historien se doit d'éclairer certaines zones d'ombres du passé. Ayant de droit accès à toutes les archives ouvertes, il s'appuie sur ses recherches pour délivrer ses résultats, quitte à briser quelques clichés.

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