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Le général Chaudron-Rousseau (1ère partie)

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Message  Piré chouan fidèle le Mar 23 Oct - 10:38

Pierre-Guillaume Chaudron (puis Chaudron-Rousseau) naît le 16 novembre 1775 à Bourbonne-les-Bains, fils de Guillaume Chaudron, greffier de la subdélégation, et d'Anne Rousseau.
La vie du jeune homme bascule avec les événements de la Révolution. Son père, qui se fera appeler Chaudron-Rousseau, exerce la qualité de procureur-syndic dans la cité des eaux lorsqu'il est élu député en 1791 - il votera la mort du roi Louis XVI.
Pierre-Guillaume devient, le 9 mars 1793, élève-commissaire des guerres, pour être employé dans les bureaux dits de la Guerre jusqu'au 11 juillet. A cette date, il rejoint, comme lieutenant, le 1er bataillon de la Légion des montagnes (des Pyrénées), où était capitaine, par exemple, le futur général Dessolle. Le Bourbonnais sert d'abord brièvement au sein de cette Légion affectée à l'armée des Pyrénées-Occidentales, puisqu'il devient, le 7 août, adjoint aux adjudants-généraux, mais il y retourne, comme capitaine, le 25 octobre. Il n'a pas encore 17 ans !
Le 2 janvier 1794, il passe, mais comme lieutenant, au 24e chasseurs à cheval (où ont été versés les chasseurs volontaires de Bayonne, parmi lesquels le futur général Castex), puis est nommé, le 8 juin, adjudant-général chef de bataillon provisoire. A 17 ans, le voilà déjà officier supérieur !

Une précision pour expliquer cette carrière fulgurante : son père Guillaume était en mission, depuis le printemps 1793, dans le Sud-Ouest de la France, particulièrement à Toulouse et à Bordeaux. Il sera, le 13 nivôse an III (janvier 1795), nommé représentant du peuple auprès de l'armée des Pyrénées-Occidentales. Ce député aura notamment l'occasion de montrer sa fougue révolutionnaire dans l'Aude, et c'est dans ce département, à Quillan, que son fils a été promis au mariage, en août 1794, avec Elisabeth Pinet. Sur cet aspect-là aussi, le jeune Chaudron-Rousseau fait preuve de précocité...

Le Bourbonnais participe aux sièges de Collioure (mai 1794) et de Saint-Elne, puis, le 13 juin 1795, il est promu adjudant-général chef de brigade au sein de l'armée des Pyrénées-Occidentales. Colonel d'état-major à 19 ans : il ne semble pas y avoir eu, depuis, d'autre exemple de Français (d'autant plus d'origine roturière) promu si jeune à ce grade...
Affecté à la 3e division de cette armée que commande le général de Moncey – dont un décret daté du 14 juillet 1795 précise qu'elle ne cesse de bien mériter de la patrie -, Chaudron-Rousseau se distingue le 22 juillet lors du passage de l'Ebre, à Miranda. « Il rallia une brigade que l'ennemi, supérieur en nombre, avait mis en déroute, et rejeta la colonne espagnole au-delà de l'Ebre », lit-on dans Les Fastes de la Légion d'honneur. Le 22 juillet, c'est-à-dire le jour de la signature du traité de Bâle qui met fin aux opérations. Aussi Pierre-Guillaume Chaudron-Rousseau rejoint-il donc l'armée de l'Ouest le 9 septembre, avant d'être réformé le 22 septembre 1796. Selon les Fastes, il aurait été chargé, par le général Hoche, du commandement d'une colonne de 4 000 hommes qui « amena la soumission des principaux chefs de l'armée vendéenne ».Réformé, il retourne dans ses foyers, donc en Haute-Marne. (A suivre).
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Message  Piré chouan fidèle le Ven 26 Oct - 17:30

Pendant un peu moins de trois ans, l'adjudant-général Chaudron-Rousseau reste donc sans emploi. On peut penser qu'il les a passés en Haute-Marne, puisque le 28 mai 1799, il est chargé de conduire des conscrits haut-marnais vers l'armée du Danube. Il s'agit sans nul doute de ces 156 hommes, pour la plupart originiares du Sud haut-marnais, appartenant aux 6e et 7e compagnies (capitaines de Susleau de Malroy et Louis Guillemin) du département, qui rejoignent, quelques semaines plus tard, la 109e demi-brigade d'infanterie de ligne.
D'abord adjudant-général, le voilà, le 5 juillet, employé comme chef de bataillon à la suite d'une demi-brigade. Rien de dramatique, toutefois : il n'a encore que 24 ans ! Pour l'anecdote, en 1796, le Haut-Marnais aurait déjà demandé à obtenir l'agrément de chef d'escadron, ce qui a déterminé le chef de brigade de dragons Milhaud, ancien conventionnel (et donc collègue du père Chaudron-Rousseau), à demander la place d'adjudant-général que le jeune officier occupait, pour servir auprès du général de division Châteauneuf-Randon, au sein de l'armée de l'intérieur.

A noter qu'à l'époque où son fils retrouve un emploi dans l'armée, Guillaume Chaudron-Rousseau occupe toujours un poste important : après avoir été arrêté en août 1795, en raison de ses « excès » commis dans le Sud-Ouest, mais rapidement libéré deux mois après grâce à une amnistie, il est commissaire du directoire exécutif jusqu'en novembre 1799, avant d'être nommé sous-inspecteur des Eaux et forêts à Bourbonne-les-Bains par le Consulat.

Le 14 mars 1800, Pierre-Guillaume est enfin réintégré dans son grade d'adjudant-général pour être employé dans l'armée d'Italie. Deux ans plus tard, il rejoint les Pays-Bas puis le Hanovre.
Lors d'une des premières promotions de membres de la Légion d'honneur, il n'est pas oublié par l'empereur, puisqu'il est fait officier le 15 juin 1804.
L'année suivante, il est chef d'état-major de la 1ère division du 1er corps du maréchal Bernadotte. Division commandée par le général Rivaud, avec qui il paraît lié, puisqu'au baptême du fils de ce divisionnaire, il représente le parrain.
Passé à la 2e division du général Lapisse, Chaudron-Rousseau prend part à la Campagne d'Autriche. Et se distingue le 21 vendémiaire an XIV (13 octobre 1805) à l'affaire de Nordlingen. « Les fastes de la Légion d'honneur » rapportent que ce jour-là, Chaudron-Rousseau s'est mis à la tête d'un détachement de dragons et qu'il a fait mettre bas les armes à un millier d'Autrichiens, prenant quatre pièces de canon.
Il se bat encore à Austerlitz, en Prusse, en Pologne. Jusque-là, son nom n'apparaît pas dans les bulletins de la Grande-Armée. Avec sa division, il passe en Espagne, et c'est là, le 22 novembre 1808, qu'il est promu général de brigade... treize ans après avoir été fait colonel.
C'est au premier jour de la bataille de Talavera, le 27 juillet 1809, que Chaudron-Rousseau a enfin l'occasion de sortir de l'anonymat. Il ordonne au 16e léger du chef de bataillon Gheneser une charge à la baïonnette qui met l'ennemi « plus qu'en déroute ». Le sort sera plus funeste le lendemain, le général Lapisse sera mortellement blessé.
A noter que selon un ouvrage consacré aux troupes allemandes en Espagne, Chaudron-Rousseau aurait, avant cette bataille de Talavera, commandé une brigade, partie de Valladolid pour opérer en Galice, composée de deux bataillons français, d'un bataillon du 4e régiment polonais, du bataillon westphalien et du 2e bataillon du régiment de Hesse. C'est vraisemblablement à cette époque qu'il était commandant de place d'Astorga, en Léon (on écrira qu'un détachement de 40 à 50 hommes envoyé sur son ordre de cette ville jusqu'à Ponferrada a été attaqué en cours de route).

Après avoir été gouverneur de la province de Xérès, le général refait – hélas - parler de lui le 5 mars 1811. Chaudron-Rousseau est toujours brigadier, dans la 2e division du 1er corps (armée du Midi), et selon l'officier Lapène, historien des guerres de la péninsule ibérique, le Haut-Marnais est à la tête de deux bataillons de grenadiers « réunis », issus de différentes unités du corps. Ce jour-là, le maréchal Victor se bat à Chiclana contre les Anglais. Le Bourbonnais est à l'extrême-gauche du dispositif français, sous les ordres du général Ruffin. Lapène dira qu'il fait preuve « d'intrépidité »... avant de tomber, mortellement atteint. Selon un auteur, Wouters, il aurait été touché par un boulet au milieu de la poitrine... Avec le colonel Autié, du 8e de ligne, « ces officiers, très distingués par leur bravoure, ont péri glorieusement », lira-t-on dans la correspondance de l'armée du Midi.

Son corps restera sur le champ de bataille. Les Anglais raconteront que l'infortuné général possédait un caniche blanc, qu'il avait laissé dans son camp. Que l'animal, ne voyant pas revenir son maître après ce combat perdu, partit à sa recherche, le découvrit mourant et resta à ses côtés jusqu'à son décès, empêchant les Britanniques d'approcher sa dépouille. L'affliction du caniche durera plusieurs jours, jusqu'à ce que le général Graham parvienne à l'apprivoiser, au point de le ramener, chez lui, en Angleterre, où le fidèle animal finira ses jours.

Chaudron-Rousseau, dont le nom ne figure pas sur l'Arc de Triomphe, n'était pas noble d'Empire. Son frère Antoine-Balthazard, sous-lieutenant, a obtenu, par décision impériale, une dotation sur la Westphalie en récompense de ses états de services et de ceux de son frère. Né en 1782 à Bourbonne, retraité le 9 décembre 1811 après avoir servi au 27e dragons et au 96e de ligne, sous-inspecteur des Eaux et forêts dans sa ville natale, Antoine-Balthazard Chaudron meurt dans la cité thermale en 1861.
Le nom du général Chaudron-Rousseau a été donné à un fort de la ceinture langroise.
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