SEHRI : de 1789 à 1815 - association loi 1901
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Message  Hughes de Bazouges le Jeu 18 Avr - 8:26

La contre-révolution fut tout d’abord un débat politique et idéologique avant de prendre la forme d’un mouvement armé, voire d’une forme de résistance passive ou même épistolaire. Car de l’action politique s’appuyant sur les journaux ou les principes énoncés par quelques penseurs de renom à la lutte armée, sur le territoire national ou au sein de forces étrangères, la contre-révolution se manifesta aussi en votant avec ses pieds et l’émigration ne se limita certainement pas à la seule noblesse (dont une grande partie dut survivre en travaillant à l’étranger) car plusieurs régions frontalières connurent en 1791-1793 nombre de départs volontaires parmi les classes de paysans ou d’artisans, voire même au sein du Tiers (cas du Dauphiné, par exemple, avec les Chevaliers de la Couronne). Pourquoi donc émigrait-on ou prenait-on les armes contre la République ? Pour combattre la Révolution, défendre le trône et l’autel, ou simplement pour sauver sa vie menacée ?

Les contre-révolutionnaires étaient-ils tous des brigands, extrémistes religieux, des aristocrates ou des mercenaires à la solde de l’étranger ? A travers tous ses aspects, toutes ses dimensions, on découvrira que la contre-révolution fut avant tout la juxtaposition de destins croisés où la haute noblesse pouvait côtoyer le paysan alsacien ou breton ignorant toujours la langue française, comme de simples particuliers s’offrant en martyr pour tenter d’arrêter les flots de sang offerts à la Déesse Raison au nom des principes fondateurs d’une société idéale, fraternelle, libertaire et égalitaire. La Légion de Mirabeau, qui représenta en 1793 plus du tiers de l’effectif de l’armée de Condé (6000 h), fut levée dès 1791 par la réunion de 90 volontaires de Colmar et c’est au beau milieu des combats de la campagne d’Alsace, fin 1793, qu’elle accueillit plus d’une centaine de jeunes Franc-comtois, paysans pour la majorité d’entre eux, guidés par leur curé. Tous les déserteurs républicains qui rejoignirent les rangs royalistes ne furent pas tirés des pontons britanniques et l’on ignore souvent l’étonnante destinée des 1200 soldats qui accompagnèrent Dumouriez dans sa fuite, au lendemain de Neerwinden, pour passer au service autrichien…

Nous proposons de réunir ici progressivement (« La route des mille li commence pas un pas »…) toutes les sources pouvant traiter de la contre-révolution française, entre 1789 et 1815, et nous espérons que chacun y apportera sa contribution (qui peut se poursuivre au sein du Forum sous la forme d’un billet portant sur telle ou telle lecture/découverte). On verra qu’après les ouvrages généraux qui y ont été consacrés et les travaux de quelques spécialistes (dictionnaire, actes de colloques, collectif sous l’autorité d’un maître de la Révolution et de l’Empire comme Jean Tulard, etc.), quelques livres et articles plus récents se sont intéressés à sa dimension régionale ou individuelle à travers la reconstitution d’un événement, l’évocation d’une période ou l’histoire de tel personnage, voire de telle formation militaire. Sa structure générale sera celle d’un abécédaire documentaire : Archives – Bibliographie – Collections – Documents.
Cette liste sera mise à jour chaque semaine et amendée grâce à vos contributions (je reprendrai toutes celles existant déjà sur le forum), servant tout autant aux chercheurs qu’aux passionnés souhaitant ensuite échanger des documents sur le forum ou pourquoi pas des ouvrages.

Pour le seul historien spécialiste de la Révolution, les limites précises de l’histoire de la contre-révolution feront sans doute débat entre 1789 et 1815, mais pour qui s’intéresse à l’analyse géopolitique de notre pays, cette dernière s’inscrit avant tout dans les temps longs de l’histoire de France, et plus précisément des crises que connurent notre territoire et les peuples qui l’habitèrent. Premier opus magnus de cette histoire « nationale », la Guerre des Gaules fait déjà mention des divisions existant au sein des tribus gauloises, de l’appel de certaines à l’intervention de forces étrangères (tribus belges, aquitaines ou germaniques, et légions romaines), des calculs propres à chaque parti, etc. En vingt siècles, notre pays a connu bien des épisodes douloureux consécutifs aux conflits internes et aux guerres civiles ayant déchiré les différentes composantes de la société française. Les chantres d’un négationnisme historique voudront sans doute se convaincre (et chercheront encore plus à convaincre le public) que la contre-révolution ne fut qu’un ultime combat désespéré des tenants d’une société révolue et passéiste pour s’opposer à la marche inéluctable du Progrès politique et social que nous connaissons depuis 1789 et qui ne serait dû qu’aux Lumières des seuls révolutionnaires… Rappelons simplement que depuis 1789, la France a connu 12 régimes politiques, 3 révolutions, un populicide (en Vendée), un conflit civil majeur (la Commune), 25 constitutions, 2 guerres mondiales sur son sol et plusieurs crises majeures dont quelques coups d’Etat… Et pourtant, en dépit de ces souffrances, de ces destructions, la France demeure non seulement le pays le plus visité au monde mais aussi le premier mémorial du patrimoine de l’humanité.
Quelle que soit la dimension que les lecteurs et membres du forum retiendront, elle sera sans doute avant tout déterminée par la conviction partagée que « la lumière des morts éclaire la marche des vivants » et que notre travail de mémoire et d’érudition vise avant tout à préserver cette page de notre passé pour ceux qui souhaiteraient demain y puiser une nouvelle source d’inspiration, y rechercher la trace de leurs ancêtres témoins ou acteurs de ces événements, ou encore décrypter les arcanes de l’Histoire de France dont nous demeurons les légataires.

Merci d’avance pour votre participation à ce nouveau chantier !

Hughes de Bazouges

SOURCES

BIBLIOGRAPHIE

Ouvrages généraux / La Contre-révolution

Collectif (sous la direction de Jean Tulard), La Contre-Révolution. Origines, histoire, postérité, Biblis, 2013.
Dictionnaire de la contre-révolution (sous la direction de Jean-Clément Martin), Perrin, 2011.
DIDIER (Michel), Blondel de Nouainville – Du héros de Rennes en 1788 à la contre-révolution. L’itinéraire d’un noble normand. Isoète, 2012.
GENGEMBRE (Gérard), La contre-révolution ou l’histoire désespérante, Editions Imago, 1989.
GODECHOT (Jacques Léon), La contre-révolution, Presses universitaires de France, 1961.
JARRE (Hélène), La contre-révolution en Haute-Loire (1789-1799), Editions du Roure, 2008.
MARTIN (Jean-Clément), La contre-révolution en Europe aux XVIIIème et XIXème siècles : réalités politiques et sociales, résonances culturelles et idéologiques, Presses Universitaires de Rennes, 2001.
MARTIN (Jean-Clément), Contre-Révolution, Révolution et Nation en France (1789-1799), Histoire, Seuil, 1998.
SUTHERLAND (Donald), Révolution et contre-révolution en France (1789-1815), Editions du Seuil, 1991.
TODA (Michel), Bonald, théoricien de la contre-révolution, Clovis Editions, 1997.

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Hughes de Bazouges
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