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La fin des Ecoles royales militaire

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La fin des Ecoles royales militaire

Message  MONTFERME le Mer 22 Mai - 22:02

Depuis le règne de Louis XV, le royaume de France compte une douzaine d’écoles ou de collèges pour les fils de la noblesse militaire ou de la riche bourgeoisie, accueillant de jeunes garçons, externes, internes ou pensionnés qui ont pour enseignant des professeurs religieux ou laïcs. La majorité de ces établissements fermera ses portes le 9 septembre 1793.
L’enseignement comprend une formation qui place à la fois l’élève en situation de comprendre l’univers militaire qui sera le sien (exercices avec des armes factices, discipline, etc.) mais également des cours théoriques (science des fortifications, mathématiques) sans oublier le corpus scientifique ou littéraire, mais aussi l’enseignement religieux et les prières …
L’histoire et la géographie ne sont pas en reste pour la formation des futurs officiers auxquels on rappelle les grands épisodes de l’histoire classique :

Abrégé de l’Histoire romaine, à l’usage des élèves de l’École Royale Militaire, Faisant partie du Cours d’Études, rédigé et imprimé par l’ordre du ROI. Nouvelle Edition, augmentée.
A Paris, chez les Libraires associés. 1793


Or, cet ouvrage surprend dès le titre : "[...] Ecole royale militaire... par l'ordre du Roi ... 1793". On sait pourtant que Louis XVI disparaît le 21 janvier.
L'auteur serait Edme MENTELLE [né et mort à Paris 1730 - 1815(6) ?]. Ce géographe, proche de la famille royale fut professeur de géographie et d'histoire à l'Ecole royale militaire de 1760 à 1792.
Membre de la section du Muséum il enseigna la géographie à l'Ecole Normale en l'an III.

Un des possesseurs du livre a laissé son nom sur plusieurs pages (mais la première - avec une variation du titre - et la dernière feuille sont collées sur la reliure interne, empêchant tout décollage sans risque de déchirure. Il se nomme : "Toni" RAMBAUD.

Le corpus de cet "Abrégé" traverse, de 753 av JC à la fin du VIe siècle de notre ère, une "Histoire romaine" mouvementée et sanglante partagée en trois grandes époques : Les Rois, la République, les Empereurs.
En cette année 1793 l'Histoire fait un retour fracassant, devient un sujet de réflexion pour la jeunesse militaire du royaume qui voit les événements se précipiter avec la chute de la monarchie et l'avènement de la Terreur. Un passage, presque incongru mais transposable au quotidien vécu par les élèves et les professeurs, rappelle dans un raccourci saisissant toute l’horreur de ce qui advint en France depuis l’été 1789.
[p. 223 – Mort de Vitellius] « On célébroit les Saturnales, fête pleine de licence et de folies. Tacite assure que le carnage et l’horreur de cette journée ne suspendirent point les divertissements populaires. Vitellius, surpris dans la loge d’un esclave où il se cachoit, devint le jouet du même peuple qui venoit de lui témoigner un si vif attachement. La corde au cou, les mains lièes contre le dos, ses habits ignominieusement déchirés, il paroît dans la place publique, comme un vil scélérat. On le couvre de boue ; on l’accable d’insultes ; on le fait expirer par mille tourmens ; on traîne son corps avec un croc dans le Tibre ; on porte sa tête au bout d’une lance. Quelle fin pour un empereur ! C’est ainsi que dans les états les mieux policés, quand la licence a brisé le frein des mœurs et des lois, elle donne des spectacles que nous croirions à peine possibles sous le regne de la barbarie. »
Décidément, Clio ne cesse de se répéter (ou bien l'homme reste t-il très proche de ce qu'il a toujours été : un violent assoifé de sang et de pouvoir, sans que l'expérience vécu ne lui serve de leçon !).

Sans tomber dans l'anachronisme, on peut constater l'influence de ce cours d'Histoire, sur de jeunes esprits emportés par la Révolution, mais également sur toute une génération (1760 - 1792) à qui l'on enseigne l'esprit de la conquête, le pouvoir des nobles, la gloire embrassée ou la tyrannie excercée, mais aussi le rôle incontournable du peuple, ses emportements furieux et incontrôlable sans oublier les notions de liberté et de justice, la traitrise, la forfaiture, voire la débauche exercée sur les armées au contact de la gent féminine, etc.

Après tant de siècles, cette épopée romaine a semble t-il inspiré pas mal de "tribuns" révolutionnaires.

Loin de vouloir jouer les Nostradamus à rebour, je trouve cet ouvrage riche d'enseignement : qui sait si le jeune Napoléon ne l'a pas lu ? Mais qu'en a t-il retenu ?

Pour finir, que sait t-on de la fin des Ecoles royales militaires en 1793 ? Un chercheur a-t-il de la correspondance sur l’état d’esprit des élèves, des enseignants, des témoignages sur cette fin de l’institution fondée sous le règne du Bien-Aîmé ?

Les dés sont jetés …



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Re: La fin des Ecoles royales militaire

Message  Laurent le Jeu 23 Mai - 10:26

Intéressant sujet, du coup la Révolution puis Napoléon auront tout à refaire après avoir tout chamboulé

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Laurent
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