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Les principes de la médecine au début du XIXe siècle.

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Les principes de la médecine au début du XIXe siècle.

Message  Marc Morillon le Sam 21 Mai - 13:14

La médecine au début du XIXème siècle:

Elle est, en dépit de quelques progrès, beaucoup plus proche de celle de Molière que de ce que nous pouvons connaître aujourd’hui. Les principaux acteurs de la révolution scientifique à l’origine de la médecine moderne sont à venir: Claude Bernard naît en 1813, l’année de Leipzig et Louis Pasteur en 1822, un an après la mort de l’Empereur.
Les principales causes de morbidité et de mortalité sont infectieuses, dans une population jeune et dont le niveau d’hygiène se rapproche de celui des pays du tiers-monde aujourd’hui. Il suffit de reprendre dans tous les souvenirs de combattants les passages où ils font, souvent pudiquement allusion à leurs conditions de vie pour réaliser l’ambiance infectieuse dans laquelle évoluent les armées. On ne sait pas ce qu’est un microbe, et sauf cas particuliers, on ne comprend pas qu’une infection puisse être transmissible d’homme à homme. Les seuls agents anti-infectieux utilisés s’appellent mercure, arsenic, antimoine....
La période qui nous intéresse se situe juste à la charnière de la médecine philosophique, adoptée depuis l’antiquité, et de la médecine scientifique qui va naître. Ne trouve t’on pas encore dans de nombreux écrits médicaux la citation de Tertullien selon laquelle « La philosophie est sœur de la médecine »? L’apport du siècle des lumières est resté modeste; les travaux de Bichat et de Morgagni conduisent à abandonner peu à peu la doctrine des humeurs en vigueur depuis Gallien. On expliquait jusque là les désordres pathologiques par une rupture d’équilibre entre les quatre humeurs: le sang, le phlegme, la bile jaune et la bile noire (avec les tempéraments sanguins, phlegmatiques, bilieux, atrabilaires...). Les observations anatomiques ont fait évoluer ces concepts vers des dysfonctionnements des organes qui sont soit congestionnés soit exaltés ou excités. Il n’est donc pas étonnant que les principales méthodes thérapeutiques soient toujours la saignée, la purge, la diète, les bains, le régime alimentaire, les changements d’air. On peut se faire une idée de la science médicale de cette époque en parcourant le Traité de Médecine de Broussais. Ce Malouin qui était devenu un chef d’école dans les années 1830 (un peu autocratique, on se souvient de ses violents accrochages avec Laennec) avait précisément été médecin militaire pendant les guerres de l’Empire, entre autre sur les bateaux corsaires et surtout pendant six ans en Espagne. Il fait très fréquemment référence à cette expérience acquise dans la Péninsule et donne des indications précieuses sur les problèmes rencontrés et les traitements utilisés. Pour lui, la plupart des maladies fébriles sont d’origine intestinale (les principales affections médicales touchant l’armée d’Espagne avaient été des fièvres et des infections intestinales...). La fièvre est alors un signe de gravité (conclusion venant vraisemblablement de l’observation de cas de fièvre typhoïde) et résulte de la congestion et de l’excitation des organes. Il faut donc décongestionner par des moyens divers. Il portera alors son choix sur les sangsues qu’il fera utiliser de façon extensive et que l’on importera dès lors à raison de quatre millions par an en France dans ce début de siècle. La prévention et l’hygiène étaient quant à elles grandement freinées par l’ignorance que l’on avait encore du caractère transmissible des maladies infectieuses. Il nous faut nous rappeler que les notions d’infection, de microbes et d’asepsie n’étaient pas encore connues.
La bataille faisait rage entre les « contagionistes » et les « non-contagionistes ». Les seconds avaient tendance à l’emporter: argumentant que ces maladies touchaient principalement les classes pauvres ou les soldats en campagne, ils rendent responsable le « mauvais air ». Cette conception nous a laissé le terme de malaria qui continue à désigner le paludisme dans de nombreux pays du monde. D’où l’emploi de fumigations d’herbes aromatiques diverses. Ces tumultes et ces efforts contradictoires avaient peu de résultats hormis l’évolution spontanément favorable de certaines maladies. Le formulaire de 1812 nous donne une classification des maladies en trois grands catégories : les phlegmasies (ou inflammations), qui incluent les infections localisées, les pyrexies (fièvres) qui sont elles mêmes divisées en 11 classes : fièvre ataxique, hectique, adynamique etc… et les cachexies qui recouvrent toutes les pathologies dégénératives et chroniques.

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