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Un escroc de haut vol, Jean-Jude Vacher 1800-1802

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Un escroc de haut vol, Jean-Jude Vacher 1800-1802 Empty Un escroc de haut vol, Jean-Jude Vacher 1800-1802

Message  Laurent Mar 6 Déc - 16:55

Baron Despatys, Magistrats et Criminels, 1795-1844, d’après les mémoires de Gaillard, ancien président à la Cour de Justice Criminelle de Seine-et-Marne, Conseiller à la Cour Impériale de Paris, Conseiller en Cassation, Librairie Plon, Paris, 1913.


Employé avec son père comme expéditionnaire dans les bureaux de l'administration centrale du département puis dans ceux de la préfecture de la Seine-et-Marne. Très rapidement, il dérive, notamment en imitant et falsifiant les signatures des personnages de l'administration, en faisant répandre des lettres anonymes diffamatoires contre des personnalités notamment le citoyen Courtin ancien Agent National. Expulsé de la préfecture en avril 1801, Vacher se place dans une maison d'éducation où il enseigne un temps les mathématiques. Lors de son arrestation, sa mythomanie s'étale dans toute sa splendeur, Vacher déclare avoir été nommé inspecteur de l'instruction publique, avoir suscité l'envie et la jalousie de puissants ennemis, échappé à des brigands, puis à des assassins, ce qui avait conduit le 1er Consul à le mettre en sûreté dans le Château des Tuileries sous bonne garde. En réalité, l'homme n'a pas de revenu, pas de travail, en novembre 1801, il s'annonce comme étant un Directeur Général des vivres ayant sous ses ordres un secrétaire général, 25 inspecteurs généraux, 75 inspecteurs particuliers et beaucoup d'autres employés. Pour preuve il produit un arrêté du 1er Consul Bonaparte, et déclare recevoir des revenus à la hauteur de 60 000 francs ! Mais ces places officielles sont supprimées, en nivôse, décembre 1801-janvier 1802. Vacher, très vite, se fabrique de nouveaux faux. notamment un décret établissant et organisant une administration de police dans les départements réunis, puis un second nommant Vacher à la place d'administrateur général, avec trois collaborateurs pour les divisions de Bruxelles ; Mons, Gand, Louvain et Mayence". Il fabrique également un pièce déterminant ses honoraires d'administrateur général, et une quatrième contenant la nomination de 25 inspecteurs généraux ordinaires.

Tous ces faux sont signés de la main de Bonaparte... Poussant l'audace jusqu'à la folie, Vacher se présente ensuite comme un membre pensionné de l'Académie de Vienne, ainsi que de la Société Royale de Londres, indiquant qu'il avait gagné un prix de 150 000 livres à l'Académie de Vienne. Pour appuyer ces dires, il fabrique également des pièces et diplômes, contre signées par le 1er Consul, pour accrédités les pièces originales fournies par les ambassadeurs étrangers...

Muni de ces papiers, Vacher, offre des places à tout ceux qui veulent l'entendre, et en vertu de ses prétendus pouvoirs produit des documents, indique être un intime du 1er Consul en toute occasion. Il dit avoir été nommé Gouverneur de la Belgique par Bonaparte, mesure qui sera bientôt connue mais restée encore secrète. Pour achever de convaincre, il apparaît aussi à Melun en tenue d'officier général et prend beaucoup de contacts.

Il s'introduit dans l'intimité du citoyen Dondeau, Juge à la Cour Criminelle, demande la main de la fille, jeune personne attirante. La famille acquiesce à la condition qu'il entre effectivement en fonction. Vacher dès lors imagine un autre stratagème, il fabrique une lettre de Madame Bonaparte, qui assure le citoyen Dondeau de la protection des Bonaparte envers Vacher, et le désir du 1er Consul de faire célébrer ce mariage dans les 15 jours. Dondeau, flatté cède, un contrat de mariage est signé devant notaire le 7 avril 1802 à Melun ou Vacher se présente comme "Membre associé de la Société Royale de Londres, de l'Académie Royale de Vienne, de l'Institut de Bologne et Administrateur général des vivres des Armées françaises".

Enhardi, Vacher, déclare que Madame Bonaparte assistera probablement au mariage. Dondeau, lui écrit personnellement une lettre pour l'inviter, le 10 avril 1802... N'ayant pas reçu de réponse, le juge confond Vacher, qui ne fait pas de problème pour avouer sa faute mais contre toute attente, se lance immédiatement dans un nouveau projet similaire : il s'introduit dans l'intérieur de la famille Deshayes, ancien négociant à Versailles, dont il demande la main de sa fille dès le 29 avril ! Il utilise les mêmes artifices, présente ses papiers, ses lettres falsifiées, mais Deshayes demande à avoir une copie des documents et Vacher refuse. Dès lors Deshayes prend ses renseignements à Paris et rejette la demande de Vacher. Vacher revient à Melun, où il tente de faire patienter tous ceux à qui, il avait promis des places, lorsque le Citoyen Dondeau porte plainte contre lui, il est arrêté et écroué à la maison de justice de Melun le 17 juin 1802.

La perquisition à son domicile ne permet pas de découvrir les fameux papiers falsifiés, mais toutefois un mandant de 150 000 francs sur la Caisse Nationale de Vienne au profit de Vacher et une lettre d'envoi de ce mandant par un soit disant Williams sont découvertes. Durant son interrogatoire, il invente histoire abracadabrante sur histoire abracadabrante, le voilà en mission pour le gouvernement, ils présentent des lettres le 19 juillet 1802, émanantes du Sénateur Casabianca et du citoyen Lucien Bonaparte, qui demandent de le laisser partir sur le champ pour Paris, où il doit s'entretenir avec le 1er Consul. Son insistance est telle, qu'il obtint d'être conduit à Paris pour être présenter devant le ministre de la Police...


Mais Foucher, bien sûr le renvoi illico dans sa prison, il tente encore le coup d'écrire au commissaire du Gouverneur qu'il a des révélations importantes quand au danger que courre le 1er Consul Bonaparte. Lors du procès, le scandale est énorme, Dondeau en ait particulièrement éclaboussé, et devient la risée de la ville, bien d'autres personnes qui ont été crédules sont aussi frappées. Vacher dit avoir été victime d'un complot, explique que le 1er Consul ne peut certainement pas le tirer de là, qu'il y a malentendu... Il est condamné à 8 ans de travaux forcés et 500 francs de dommages et intérêts pour Dondeau, son père poursuivi comme complice est acquitté. L'histoire ne dit pas ce qu'il advint de lui !

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