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Les époux Valadon, l'Auberge Rouge

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Les époux Valadon, l'Auberge Rouge Empty Les époux Valadon, l'Auberge Rouge

Message  Laurent Mar 6 Déc - 18:47

Les époux Valadon

Baron Despatys, Magistrats et Criminels, 1795-1844, d’après les mémoires de Gaillard, ancien président à la Cour de Justice Criminelle de Seine-et-Marne, Conseiller à la Cour Impériale de Paris, Conseiller en Cassation, Librairie Plon, Paris, 1913.

« Une nuit de janvier 1804, vers 2 heures du matin, des passant trouvèrent dans une rue de Fontainebleau, vis-à-vis d’une mauvaise auberge, tenue par les époux Valadon, un homme étendu sur le sol et râlant. On apercevait de la lumière dans une chambre du second étage de l’auberge. Le moribond, revêtu simplement de sa chemise, paraissait avoir le corps brisé. Il donnait encore quelques signes de vie et expira sans proférer une parole, au moment où on allait le transporter chez des voisins prêts à le recueillir. Un médecin appelé en toute hâte, reconnut que la victime avait reçu plusieurs blessures, faites à l’aide d’un instrument pointu et tranchant. Deux de ces blessures, avaient dû nécessairement et promptement entraîner la mort et deux ouvertures, faites à la chemise, correspondaient à ces blessures ce qui semblait indiquer que cet individu avait dû être frappé dans son lit. De plus l’état de la tête presque fracassée et de nombreuses contusions sur diverses parties du corps prouvaient, qu’après avoir été poignardé, le mort avait été précipité d’un endroit fort élevé dans la rue.

Accouru de son côté, le commissaire de Police de Fontainebleau pénétra muni de ces premiers renseignements dans l’auberge Valadon, mit en sentinelle à la porte deux gendarmes, pour empêcher qui que ce fût d’entrer ou de sortir, et monta immédiatement dans la chambre, où devait se trouver la lumière remarquée dans la rue. C’était une pièce exiguë et fort étroite, à gauche, près de la porte d’entrée, un lit dans les draps étaient ensanglantés, le sang avait jailli en telle abondance que le premier et le second matelas en étaient imbibés, de l’autre côté de la chambre, un second lit, où se trouvait un individu dormant profondément.

Les époux Valadon sont rapidement interrogés, le mort d’après eux est un carrier ami de l’époux Valadon qui travaillait avec lui à extraire des pavés dans les rochers de la forêt de Fontainebleau, n’habite pas en ville mais un village voisin. Les époux Valadon, affirment ensuite que l’homme enclin à la boisson s’était fortement enivré à l’auberge et ne pouvant rentrer, les époux l’avaient amicalement accueilli chez eux. Puis poussé par un excès de folie, s’était poignardé lui-même et jeté dans la rue. Ces déclarations étranges ne tiennent évidemment pas longtemps, l’homme était en effet une connaissance, arrivé à l’auberge avec un sac d’argent, s’était en effet enivré, une querelle avait éclaté entre eux, et trois personnes avaient participé à ce meurtre. Les époux Valadon et un inconnu. Deux prostituées chétives vivent également dans l’auberge, ainsi qu’un mendiant infirme, mais le carrier étant un fort gaillard, l’attention du commissaire se porte sur le dormeur. Ce dernier, difficilement sorti de son sommeil, dit s’appeler Antoine Neuvières, originaire d’Epinal, marchand forain, ayant fait une longue marche de 28 lieues jusqu’à Paris pour payer une traite et s’en étant retourné. Il s’était couché harassé de fatigues et avait la caractéristique d’avoir un sommeil extrêmement lourd et profond.

Les époux Valadon et Antoine Neuvières sont arrêtés et déféré devant le procureur impérial. Ils sont convaincus du crime, le Carrier avait reçu son salaire de son employeur, ainsi que Valadon, qui avait décidé de l’assassiner pour lui prendre cet argent, soit 200 francs. Les débats sont longs, les époux Valadon sont déclarés coupables mais Antoine Neuvières au sommeil si lourd, est déclaré également complice par les jurys à la stupéfaction générale. Il est toutefois acquitté par la cour qui casse le jugement, les époux Valadon étant condamnés à mort. Pour ne pas périr de la main du bourreau, les deux époux se laissèrent mourir de faim, selon les mémoires de Gaillard, ce qui nous apparaît très curieux. Le juge reste quant à lui persuadé qu’il y avait un troisième criminel, il apprend finalement de Neuvières que l’impotent, l’infirme, était de fait un faux mendiant, tout à fait valide, les recherches lancées contre lui ne donnent rien, ses béquilles simplement découvertes dans les bois, l’homme s’était volatilisé sans demander son reste.

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